📌 À retenir
- La règle est d'un titre-restaurant par jour travaillé, à la seule condition qu'un repas soit compris dans l'horaire de travail de la journée.
- Un salarié à temps plein sur cinq jours reçoit donc environ 20 titres par mois, un mi-temps la moitié, et le télétravail n'ouvre aucune exception.
- Les jours non travaillés n'ouvrent pas droit : congés, RTT, arrêt maladie, jours fériés chômés se déduisent du compte.
- En 2026, la valeur faciale exonérée se situe entre 12,20 € et 14,64 €, avec une part patronale de 50 à 60 % plafonnée à 7,32 € par titre.
- Pour un salarié à 20 titres à 12,20 €, le coût mensuel employeur ressort autour de 122 € à 50 % de prise en charge.
Distribuer des titres-restaurant est simple ; en distribuer le bon nombre l'est moins. La règle légale tient en une phrase, mais son application butte sur les absences, le temps partiel, l'alternance et le télétravail. Voici comment calculer l'attribution mensuelle et ce qu'elle coûte réellement à l'entreprise.
Combien de titres-restaurant attribuer par mois ?
Le nombre n'est pas fixe : il découle du nombre de jours effectivement travaillés. La règle de base est posée par l'article R. 3262-7 du Code du travail : un même salarié ne peut recevoir qu'un titre-restaurant par repas compris dans son horaire de travail journalier. Autrement dit, un jour travaillé dont la journée inclut une pause repas ouvre droit à un titre, et à un seul.
Cela donne, pour un mois de vingt jours ouvrés :
| Situation du salarié | Titres sur le mois | Règle appliquée |
|---|---|---|
| Temps plein, 5 jours par semaine | environ 20 | 1 titre par jour travaillé |
| Temps partiel 4 jours sur 5 | environ 16 | Prorata des jours réellement travaillés |
| Mi-temps, 2,5 jours par semaine | environ 10 | Prorata des jours réellement travaillés |
| Temps plein avec 5 jours de congés | environ 15 | Les jours d'absence sont déduits |
| Télétravail à 3 jours par semaine | environ 20 | Aucune déduction : le lieu de travail est indifférent |
Le cas du temps partiel mérite une précision : ce qui compte est le nombre de jours travaillés, pas le volume d'heures. Un salarié à 80 % réparti sur cinq demi-journées incluant chacune un repas dans l'horaire relève d'un traitement différent d'un salarié à 80 % réparti sur quatre journées pleines. La question du cumul journalier, elle, est traitée à part : voir combien de titres-restaurant peut-on utiliser à la fois.
Quels jours ouvrent droit à un titre, et lesquels non ?
C'est la source d'erreur la plus fréquente en paie, parce que l'attribution se fait souvent en début de mois alors que les absences se constatent en fin de mois.
Ouvrent droit à un titre : les jours effectivement travaillés, sur site comme en télétravail, ainsi que les journées de formation dès lors que le repas tombe dans l'horaire. La Cour de cassation a confirmé en octobre 2025 que le ticket restaurant en télétravail est dû dans les mêmes conditions qu’au bureau.
N'ouvrent pas droit : les jours de congés payés, les RTT, les jours d'arrêt maladie, les jours fériés non travaillés, les absences injustifiées, et les journées dont l'horaire ne comprend aucun repas. Une demi-journée travaillée sans pause repas dans l'horaire ne donne pas de titre non plus. Un jour férié ou un dimanche travaillé ouvre bien droit à un titre, mais l’utilisation des titres-restaurant le dimanche et les jours fériés reste bloquée par défaut, sauf décision de l’employeur.
⚠️ Attention : un excédent de titres distribués n'est pas neutre. L'exonération de la part patronale est conditionnée au respect des règles du Code du travail sur les titres-restaurant : des titres attribués pour des jours non travaillés exposent donc à une réintégration dans l'assiette des cotisations. Le plus sûr est de régulariser le mois suivant plutôt que d'anticiper.
Qui a droit aux titres-restaurant dans l'entreprise ?
La mise en place des titres-restaurant n'est pas une obligation légale : c'est une décision de l'employeur ou du comité social et économique. Mais dès lors qu'elle est prise, elle ne peut pas être sélective sans justification objective.
Tous les salariés sont concernés, quel que soit le type de contrat : CDI, CDD, temps plein, temps partiel. Les salariés en télétravail y ont droit dans les mêmes conditions que ceux présents sur site, puisque le critère est la journée travaillée et non le lieu. Les alternants relèvent des mêmes règles, avec quelques particularités détaillées côté ticket restaurant en alternance.
Le fonctionnement vu du salarié, une fois les titres attribués, est décrit sur notre page consacrée au titre-restaurant.
Combien cela coûte-t-il à l'employeur ?
C'est la partie qui décide du dimensionnement, et elle se calcule en trois paramètres : la valeur faciale du titre, le taux de prise en charge, et le nombre de titres.
Pour que la part patronale soit exonérée de cotisations, elle doit représenter entre 50 % et 60 % de la valeur du titre et ne pas dépasser 7,32 € par titre en 2026. Ce plafond commande mécaniquement la fourchette de valeur faciale : entre 12,20 € et 14,64 €. Au-delà, l'excédent de participation patronale redevient du salaire soumis à cotisations.
💡 Bon à savoir : raisonnez en coût annuel par salarié plutôt qu'en valeur faciale. Entre 122 € et 146,40 € par mois, l'écart paraît faible ; sur trente salariés et onze mois, il représente près de 8 000 € de budget.
Le calcul mensuel suit. Pour un salarié à 20 titres par mois :
- Valeur faciale 12,20 €, prise en charge 50 % : 122 € par mois pour l'employeur, 122 € prélevés sur le salaire.
- Valeur faciale 14,64 €, prise en charge 50 % : 146,40 € par mois, soit le maximum exonéré possible.
- Valeur faciale 12,20 €, prise en charge 60 % : 146,40 € par mois également, mais avec un reste à charge salarié plus faible.
Les deux dernières lignes coûtent la même chose à l'entreprise et n'ont pas le même effet perçu : à budget égal, augmenter le taux de prise en charge sur une valeur faciale modeste est plus lisible pour le salarié qu'augmenter la valeur faciale en restant à 50 %. Les barèmes applicables sont publiés par l'URSSAF.
Ce régime reste nettement plus avantageux que la fourniture directe d'un repas, qui relève de l'évaluation de l'avantage repas et supporte des cotisations dès le premier euro. C'est l'une des raisons pour lesquelles le ticket-restaurant et ses avantages pour l'employeur figurent en tête des dispositifs les plus utilisés en France.
Les règles qui ne dépendent pas du nombre de titres
Trois sujets reviennent systématiquement et relèvent d'un autre cadre que l'attribution mensuelle. Les distinguer évite les erreurs de politique interne.
Le plafond d'utilisation quotidien. Il est fixé par décret, et non par la Commission nationale des titres-restaurant, à 25 € par jour. Il limite ce que le salarié peut dépenser dans une journée, indépendamment du nombre de titres qu'il détient : voir plafond titre restaurant pour les règles d'usage, les jours autorisés et ce qui est achetable.
Le support. Papier ou dématérialisé, le nombre de titres attribués ne change pas. Le format modifie en revanche la gestion des reliquats et des pertes, sujet traité dans notre point sur la dématérialisation des titres restaurants.
L'acceptation par le commerçant. Aucun restaurant ni commerce n'est tenu d'accepter les titres-restaurant, et chaque enseigne fixe sa propre liste de produits éligibles. Cela ne relève ni de l'employeur ni du nombre de titres distribués.
Dimensionner sans se tromper, puis élargir
Chez May, nous voyons régulièrement des entreprises calibrer leur attribution sur un usage théorique de vingt jours pleins, puis découvrir un taux d'utilisation réel bien inférieur, faute de commerces adaptés autour des lieux de travail ou pour les salariés en télétravail fréquent.
Notre réponse consiste à traiter le titre-restaurant comme une des familles d'une cagnotte unique, dépensée avec la carte bancaire personnelle du salarié dans l'ensemble des restaurants en France, plutôt que comme un dispositif isolé à réseau limité. Le salarié affecte lui-même son budget parmi les familles d'avantages salariés disponibles, ce qui réduit la part non consommée.
Pour les dirigeants qui veulent d'abord cadrer le périmètre exonéré avant de dimensionner, notre récapitulatif des avantages salariaux exonérés donne les plafonds famille par famille, et nous réalisons un audit personnalisé à partir de vos effectifs réels.
Questions fréquentes (FAQ)
Un salarié en télétravail a-t-il droit au même nombre de titres ?
Oui. Le critère est la journée travaillée avec un repas compris dans l'horaire, pas le lieu d'exécution du travail. Réduire l'attribution des télétravailleurs constituerait une différence de traitement difficile à justifier.
Faut-il déduire les jours de congés du nombre de titres ?
Oui. Les congés payés, les RTT, les arrêts maladie et les jours fériés chômés ne sont pas des jours travaillés et n'ouvrent donc pas droit à un titre. L'ajustement se fait en général le mois suivant, sur la base des absences constatées.
Peut-on attribuer deux titres pour une journée longue ?
Non. La règle est d'un titre par repas compris dans l'horaire de travail journalier, ce qui exclut le cumul sur une même journée, même en cas d'amplitude horaire importante.
Combien de titres au maximum par an ?
Il n'existe pas de plafond annuel en nombre. La limite est mécanique : autant de titres que de jours travaillés avec un repas dans l'horaire, soit environ 220 titres pour une année pleine à temps complet, congés déduits.
Que faire des titres non utilisés par un salarié qui quitte l'entreprise ?
Les titres déjà remis lui appartiennent et restent utilisables dans leur période de validité. L'employeur n'a pas à les récupérer, mais il cesse l'attribution à compter du dernier jour travaillé.







