📌 À retenir
- Par défaut, les titres-restaurant ne sont pas utilisables les dimanches et les jours fériés. C'est une règle du Code du travail, pas un choix de l'émetteur.
- L'employeur peut lever cette restriction, mais seulement au bénéfice des salariés qui travaillent ces jours-là.
- Le samedi n'est pas concerné par la restriction : aucun texte ne l'interdit.
- La levée de restriction suppose un formalisme précis : mention très apparente sur les titres papier, information préalable des salariés pour les titres dématérialisés.
- Les dérogations sanitaires de 2021 qui autorisaient l'usage le dimanche sont expirées : s'y référer encore est une erreur fréquente.
C'est la question la plus posée sur les titres-restaurant, et la réponse surprend souvent les dirigeants : le blocage du dimanche n'est pas un réglage arbitraire de l'émetteur, c'est la règle légale par défaut. Ce qui relève de vous, en revanche, c'est la décision de la lever. Voici ce que dit le texte, pour qui l'exception peut jouer, et ce qu'il faut faire pour qu'elle soit valable.
Peut-on utiliser les titres-restaurant le dimanche ?
En principe non. L'article R. 3262-8 du Code du travail pose que les titres-restaurant ne sont pas utilisables les dimanches et jours fériés, « sauf décision contraire de l'employeur ». Et cette décision ne peut profiter qu'aux salariés travaillant pendant ces mêmes jours.
La logique du dispositif éclaire la règle. Le titre-restaurant finance le repas pris dans le cadre de la journée de travail. Un jour où le salarié ne travaille pas, il n'y a pas de repas professionnel à financer, donc pas de titre à consommer.
Deux conséquences pratiques en découlent. D'abord, un salarié au rythme classique du lundi au vendredi n'a aucun motif d'utiliser ses titres le dimanche, et sa carte sera refusée. Ensuite, un salarié qui travaille le dimanche, dans la restauration, le commerce ou la santé par exemple, reste bloqué lui aussi tant que l'employeur n'a pas pris la décision contraire.
Et les jours fériés, et le samedi ?
Les jours fériés suivent exactement le même régime que le dimanche : restriction par défaut, levée possible pour les seuls salariés en poste ce jour-là. Le 1er mai, le lundi de Pentecôte ou le 14 juillet relèvent de cette règle.
Le samedi, en revanche, est une autre histoire. Aucun texte ne le vise, et le tableau ci-dessous résume les trois situations.
| Jour | Utilisation par défaut | Levée possible par l'employeur | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Du lundi au vendredi | Autorisée | Sans objet | Tous les salariés dotés de titres |
| Samedi | Autorisée | Sans objet | Tous les salariés dotés de titres |
| Dimanche | Bloquée | Oui | Uniquement les salariés travaillant ce jour-là |
| Jour férié | Bloquée | Oui | Uniquement les salariés travaillant ce jour-là |
Une nuance mérite d'être connue sur le samedi : si la carte est refusée ce jour-là, la cause n'est pas la réglementation mais le paramétrage retenu chez l'émetteur, ou le fait que le commerçant n'est pas affilié. Le recours n'est donc pas le même.
⚠️ Attention : les décrets de 2021 qui avaient temporairement autorisé l'usage des titres les dimanches et jours fériés dans les restaurants ne sont plus en vigueur. Le décret du 20 octobre 2021 portant dérogations temporaires avait porté cette possibilité au 28 février 2022, et elle s'est arrêtée là. Beaucoup de pages en ligne n'ont jamais été mises à jour.
Pourquoi cette décision pèse sur votre taux d'utilisation ?
Vu depuis la direction, l'enjeu n'est pas juridique mais budgétaire. Vous financez une part patronale sur chaque titre émis, exonérée de cotisations jusqu'à 7,32 € en 2026. Si une partie de vos équipes travaille le dimanche ou les jours fériés sans pouvoir consommer ses titres ces jours-là, vous payez un avantage qu'elle n'utilise pas.
Le cas typique est celui d'une entreprise à horaires décalés qui attribue des titres à tout le monde selon la même règle, sans jamais activer l'option. Les salariés du week-end accumulent des titres qu'ils utilisent mal, parfois qui se périment, et l'avantage perd sa raison d'être pour les personnes dont le rythme est le plus contraignant.
Le dimensionnement de l'enveloppe et le nombre de titres attribués relèvent d'une autre logique, celle du nombre de titres-restaurant par mois et des jours ouvrant droit. La question posée ici est en aval : les titres déjà attribués sont-ils consommables quand vos salariés travaillent ?
Comment activer l'exception pour vos salariés ?
La décision vous appartient, mais elle n'est valable que si elle respecte la forme prévue par le texte. Trois étapes, et le formalisme diffère selon le support.
- Identifier les salariés concernés. La levée ne peut bénéficier qu'à ceux qui travaillent effectivement les dimanches ou les jours fériés. Une activation généralisée à tout l'effectif sort du cadre.
- Formaliser selon le support. Sur titres papier, la décision doit faire l'objet d'une mention très apparente sur les titres eux-mêmes. Sur titres dématérialisés, vous devez informer les salariés concernés par tout moyen, et le faire avant l'émission du titre.
- Demander le paramétrage à l'émetteur. Sur une carte, le déblocage du dimanche et des jours fériés est une option technique à activer, le plus souvent par profil de salarié.
L'ordre compte. Informer après l'émission ne régularise pas la situation pour les titres déjà émis, et le choix du support conditionne la démarche, comme l'explique notre point sur la dématérialisation des titres-restaurant.
Comment éviter les trois erreurs courantes ?
Confondre le blocage légal et le plafond journalier. Ce sont deux limites distinctes. Le dimanche relève d'une interdiction d'usage ; le plafond de 25 € par jour, lui, s'applique tous les jours d'utilisation autorisés.
La règle du plafond est détaillée dans notre page sur le plafond des titres-restaurant, et elle ne se cumule pas avec la question du jour.
Activer l'option pour tout le monde « par simplicité ». La restriction protège le lien entre le titre et la journée travaillée. L'ouvrir à des salariés qui ne travaillent pas le dimanche fait sortir le dispositif de son cadre d'exonération.
Attendre la réclamation d'un salarié. Un refus en caisse un dimanche de service est vécu comme un dysfonctionnement de l'entreprise, pas de la loi. Le réglage se décide à l'ouverture du contrat avec l'émetteur, pas après le premier incident.
💡 Bon à savoir : passez en revue vos profils de salariés une fois par an, au moment du renouvellement du contrat d'émission. Les rythmes de travail changent plus vite que les paramétrages, et un salarié passé en équipe de week-end conserve souvent le profil de son ancien poste.
Sortir de la logique du jour autorisé
Chez May, nous partons d'un constat simple : chaque restriction de support qu'un salarié doit mémoriser fait baisser le taux d'utilisation du budget que vous financez. Le blocage du dimanche en est un bon exemple, puisqu'il demande au salarié de connaître à la fois la loi et le paramétrage de son employeur.
La famille titre-restaurant de May fonctionne autrement : le salarié paie son repas avec sa propre carte bancaire, dans l'ensemble des restaurants de France, y compris via Apple Pay et Google Pay, et il est remboursé automatiquement dans la limite de 25 € par jour. Il n'y a pas de carte dédiée à sortir, donc pas de refus en caisse à gérer.
Les règles légales du dispositif, elles, continuent de s'appliquer : l'intérêt n'est pas de les contourner mais de ne plus faire porter leur complexité au salarié. May réalise un audit personnalisé à partir de vos effectifs réels, rythmes de travail compris.
Questions fréquentes (FAQ)
Pourquoi ma carte titre-restaurant est-elle refusée le dimanche ?
Parce que le Code du travail bloque l'utilisation ce jour-là par défaut, et que votre employeur n'a pas pris la décision contraire. Ce n'est pas un incident technique : c'est le réglage prévu par le texte.
Un employeur peut-il autoriser l'usage le dimanche ?
Oui, pour les seuls salariés qui travaillent ces jours-là. Sur titres papier, la décision doit apparaître très clairement sur les titres ; sur carte, les salariés concernés doivent être informés avant l'émission.
Les titres-restaurant fonctionnent-ils le samedi ?
Oui. Aucun texte ne restreint le samedi, contrairement au dimanche et aux jours fériés. Un refus le samedi vient donc du paramétrage de l'émetteur ou du commerçant, pas de la réglementation.
La dérogation du confinement s'applique-t-elle encore ?
Non. Les décrets de 2021 qui avaient ouvert l'usage les dimanches et jours fériés dans les restaurants ont cessé de produire effet en février 2022. La règle de principe est redevenue applicable.
Que risque un employeur qui active l'option pour tous ?
Il sort du périmètre défini par le texte, qui réserve l'exception aux salariés travaillant ces jours-là. Le risque porte sur le traitement social de la contribution patronale, puisque l'exonération suppose le respect des conditions d'utilisation.
Et un jour férié travaillé qui tombe un dimanche ?
Les deux motifs de restriction se superposent, mais la règle est identique et la décision de l'employeur couvre les deux cas. Ce qui compte est que le salarié travaille effectivement ce jour-là.





