Forfait mobilités durables : plafonds et mise en place

Pouvoir d'achat, engagement environnemental et coût des trajets : trois objectifs d'un coup. Reste la question de la preuve d'usage.

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Anne-Gabrielle Compagnon

September 28, 2026
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Forfait mobilités durables : plafonds et mise en place

📌 À retenir

  • Le forfait mobilités durables est facultatif pour l'employeur privé, mais il doit être ouvert à tous les salariés dès lors qu'il est mis en place.
  • Il est exonéré de cotisations et d'impôt jusqu'à 700 € par an et par salarié, dont 400 € maximum pour les frais de carburant.
  • En cas de cumul avec l'abonnement de transports publics, le plafond global monte à 800 € par an.
  • Il se met en place par accord ou par décision unilatérale après consultation du CSE : la seconde voie est la plus rapide.
  • Le risque principal n'est pas le plafond, c'est le justificatif : sans preuve d'usage, l'exonération est fragile.

Le forfait mobilités durables est l'un des rares avantages qui réponde à trois objectifs à la fois : pouvoir d'achat, engagement environnemental et réduction du coût des déplacements. C'est aussi l'un des plus mal déployés, parce que sa mise en place se heurte à une question de preuve.

Voici ce qu'il couvre, les plafonds applicables, les deux voies de mise en place, et les erreurs qui font tomber l'exonération.

Qu'est-ce que le forfait mobilités durables ?

C'est une participation de l'employeur aux frais de déplacement domicile-travail de ses salariés, lorsqu'ils utilisent un mode de transport alternatif à la voiture individuelle.

Le dispositif est décrit par le service public. Il est facultatif dans le secteur privé. Aucun texte ne vous oblige à le mettre en place, contrairement à la prise en charge de 50 % des abonnements de transports en commun, qui reste obligatoire.

En revanche, dès lors que vous l'ouvrez, il doit bénéficier à tous les salariés remplissant les conditions, sans distinction de statut ni d'ancienneté.

Quels modes de transport sont couverts ?

  • Le vélo, mécanique ou à assistance électrique, personnel ou en location.
  • Le covoiturage, en tant que conducteur ou passager.
  • Les engins de déplacement personnel : trottinette, gyropode, en propriété ou en libre-service.
  • Les services de mobilité partagée, autopartage de véhicules à faibles émissions compris.
  • Les transports en commun, hors abonnement déjà pris en charge au titre de l'obligation légale.
  • Le carburant et la recharge électrique, dans une limite spécifique.

💡 Bon à savoir : la marche à pied n'ouvre pas droit au forfait, faute de dépense à rembourser. C'est la question qui revient le plus souvent au moment de l'annonce interne, et mieux vaut y répondre avant qu'elle ne soit posée.

Quels sont les plafonds d'exonération ?

SituationPlafond annuel exonéréPrécision
Forfait mobilités durables seul700 € par salariéExonéré de cotisations et d'impôt sur le revenu
Dont frais de carburant400 € maximumSous-plafond à l'intérieur des 700 €
Cumul avec l'abonnement de transports publics800 € au totalOu le montant de la prise en charge obligatoire s'il est supérieur
Au-delàFraction excédentaire réintégréeSoumise à cotisations et imposable

Comme pour le titre-restaurant et contrairement au chèque cadeau, le dépassement est traité proportionnellement : seule la part qui excède le plafond est réintégrée, pas la totalité du forfait. Le détail de l'articulation avec les autres dispositifs figure dans la prime transport employeur.

Comment le mettre en place ?

Par accord collectif

Accord d'entreprise ou de branche. C'est la voie la plus solide juridiquement, et la plus lente. Elle s'impose si vous voulez articuler le forfait avec d'autres dispositifs de mobilité dans un plan de mobilité employeur.

Par décision unilatérale

Après consultation du CSE lorsqu'il existe. C'est la voie que retiennent la plupart des entreprises, parce qu'elle permet de démarrer en quelques semaines et de faire évoluer le montant sans renégocier.

Ce que le document doit préciser

  • Les bénéficiaires et les conditions d'éligibilité.
  • Les modes de transport retenus, si vous n'ouvrez pas la totalité du périmètre.
  • Le montant et ses modalités de versement.
  • Les justificatifs attendus et leur fréquence.

Quelles erreurs font tomber l'exonération ?

Trois écueils reviennent, et le premier est de loin le plus fréquent.

  • L'absence de justificatif ou d'attestation. Vous devez pouvoir démontrer l'usage effectif du mode de transport. Une attestation sur l'honneur annuelle est admise, mais elle doit exister.
  • La restriction à une catégorie de personnel. Réserver le forfait aux cadres ou aux salariés d'un site constitue une différence de traitement injustifiée.
  • Le versement sans condition d'usage. Un forfait versé à tous, indépendamment du mode de transport réel, s'analyse en complément de salaire et se réintègre intégralement.

⚠️ Attention : c'est la troisième erreur qui coûte le plus cher. Un forfait mobilités transformé en prime uniforme perd son régime, et le redressement porte alors sur l'ensemble des sommes versées, sur les exercices contrôlés.

Pour vérifier où se situe votre dispositif actuel et ce qu'il laisse arriver chez vos salariés, l'audit gratuit de vos avantages part de vos chiffres.

La mobilité durable dans notre cagnotte chez May

La difficulté du forfait mobilités n'est pas réglementaire, elle est probatoire : il faut établir que la dépense correspond bien à un mode de transport éligible, sans transformer le service RH en bureau de contrôle.

C'est le problème que nous prenons à la source chez May. Le salarié paie son vélo, son abonnement de trottinette ou son trajet en covoiturage avec sa carte bancaire habituelle, nous identifions la dépense éligible et nous la remboursons dans la limite du plafond. La preuve d'usage est la transaction elle-même.

La mobilité durable est l'une des neuf familles d'avantages de la cagnotte, avec les titres-restaurant, le télétravail, le sport, le service à la personne, le titre cadeau, le titre vacances, le titre culture et le CSE externalisé.

Questions fréquentes (FAQ)

Le forfait mobilités durables est-il obligatoire ?

Non dans le secteur privé, sauf disposition de votre convention collective. Seule la prise en charge de 50 % des abonnements de transports en commun est obligatoire, et elle relève d'un dispositif distinct.

Peut-on le cumuler avec la prise en charge des transports publics ?

Oui, dans la limite globale de 800 € par an et par salarié, ou du montant de la prise en charge obligatoire s'il est supérieur.

Quels justificatifs dois-je demander ?

Des factures, des abonnements ou, à défaut, une attestation sur l'honneur annuelle du salarié précisant le mode de transport utilisé. L'absence totale de preuve fragilise l'exonération.

Puis-je moduler le montant selon les salariés ?

Le montant peut varier selon des critères objectifs, comme la distance domicile-travail ou le mode de transport. Il ne peut pas varier selon le statut ou la rémunération.

Un salarié en télétravail y a-t-il droit ?

Oui, pour les jours où il se déplace effectivement vers son lieu de travail. Le forfait rembourse un trajet, il ne rémunère pas un engagement de principe. C'est l'un des cas où le remboursement à la dépense réelle, comme nous le pratiquons chez May, évite tout calcul de prorata.

Le forfait est-il imposable pour le salarié ?

Non, dans la limite des plafonds applicables. Il n'entre ni dans l'assiette des cotisations, ni dans le net imposable.

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