📌 À retenir
- La prime Macron s'appelle désormais prime de partage de la valeur. C'est le même dispositif, pérennisé depuis 2022.
- Plafond d'exonération : 3 000 € par bénéficiaire et par année civile, porté à 6 000 € si vous avez un dispositif d'intéressement ou de participation.
- Elle est exonérée de cotisations de Sécurité sociale, mais reste soumise à CSG-CRDS, et au forfait social au-delà de 250 salariés.
- Deux versements maximum par année civile, par accord ou par décision unilatérale après information du CSE.
- Elle ne doit jamais se substituer à un élément de rémunération existant : c'est la condition qui fait tomber le plus de dispositifs au contrôle.
La prime Macron a changé de nom, de plafond et de régime fiscal depuis sa création. Ce qui n'a pas changé, c'est son intérêt : c'est le seul moyen de verser plusieurs milliers d'euros à un salarié sans passer par la case cotisations patronales.
Voici les plafonds applicables, qui peut en bénéficier, les conditions d'exonération réelles, et la clause qui invalide le plus souvent le dispositif.
Prime Macron ou prime de partage de la valeur ?
C'est le même dispositif. Créée en 2019 sous le nom de prime exceptionnelle de pouvoir d'achat, elle a été remplacée en 2022 par la prime de partage de la valeur, qui l'a pérennisée.
Le nom « prime Macron » a survécu dans l'usage, mais aucun texte ne l'emploie. Si vous cherchez la réglementation applicable, c'est sous le terme de prime de partage de la valeur qu'elle figure chez l'URSSAF.
Quel est le montant maximum ?
| Situation de l'entreprise | Plafond par bénéficiaire et par an |
|---|---|
| Cas général | 3 000 € |
| Entreprise soumise à l'obligation de participation, dotée d'un accord d'intéressement | 6 000 € |
| Entreprise non soumise à l'obligation, dotée d'un accord d'intéressement ou de participation | 6 000 € |
| Au-delà du plafond | Fraction excédentaire soumise à cotisations et imposable |
Le passage de 3 000 à 6 000 € est la principale marge de manœuvre du dispositif, et elle suppose un accord qui doit être en vigueur à la date de versement ou conclu au titre du même exercice. C'est aussi l'occasion d'ouvrir un plan d'épargne entreprise, qui produit ses propres effets.
Qui peut en bénéficier ?
- Tous vos salariés, quel que soit leur contrat, liés à l'entreprise à la date de versement ou à la date de la décision qui l'instaure.
- Les apprentis et alternants, au même titre que les autres salariés.
- Les intérimaires mis à disposition, si vous versez la prime à vos propres salariés.
- Les agents publics des établissements concernés, selon les mêmes règles.
Vous pouvez en revanche exclure les salariés dont la rémunération dépasse un plafond que vous fixez. C'est l'un des rares critères de modulation admis, avec l'ancienneté, la durée de présence effective et la durée du travail.
⚠️ Attention : la modulation ne peut jamais se faire sur des critères non prévus par la loi. Moduler la prime selon la performance individuelle, le poste occupé ou l'appréciation du manager sort du dispositif et le fait basculer en complément de salaire.
Quelles sont les conditions d'exonération ?
Deux niveaux se distinguent, et la confusion entre les deux est fréquente.
L'exonération de cotisations sociales
Elle est acquise dans la limite des plafonds, pour toutes les entreprises. La prime reste toutefois soumise à la CSG-CRDS, et au forfait social pour les entreprises d'au moins 250 salariés.
L'exonération d'impôt sur le revenu
Elle est plus restrictive. Le régime en vigueur jusqu'au 31 décembre 2026 réserve l'exonération d'impôt aux salariés des entreprises de moins de 50 salariés dont la rémunération est inférieure à 3 Smic annuels.
Dans les autres cas, la prime est imposable pour le bénéficiaire, sauf s'il choisit de l'affecter à un plan d'épargne salariale : elle devient alors exonérée d'impôt sur le revenu.
💡 Bon à savoir : cette option d'affectation est le levier le plus sous-utilisé du dispositif. Proposer le placement au moment du versement transforme une prime imposable en épargne défiscalisée, sans coût supplémentaire pour vous.
La condition qui fait tomber le dispositif
Une seule, mais elle est absolue : la prime ne peut se substituer à aucun élément de rémunération versé par l'entreprise ou devenu obligatoire.
Concrètement, vous ne pouvez pas supprimer une prime d'ancienneté, un treizième mois ou une augmentation prévue pour les remplacer par une prime de partage de la valeur. La substitution se présume lorsque la suppression intervient dans les douze mois précédant le versement.
C'est le motif de redressement le plus fréquent sur ce dispositif, et celui que nous signalons systématiquement chez May quand une entreprise nous parle de remplacer une prime existante. et il entraîne la réintégration de la totalité des sommes versées. Pour vérifier où se situe votre dispositif actuel, l'audit gratuit de vos avantages part de vos chiffres.
Prime ponctuelle ou avantage récurrent ?
La prime de partage de la valeur répond bien à une situation : un bon exercice, un effort exceptionnel, un partage ponctuel. Elle répond mal à une autre : améliorer durablement le pouvoir d'achat.
C'est sur ce second besoin que nous intervenons chez May. Plutôt qu'un versement annuel imposable au-delà de certains seuils, la cagnotte distribue un budget mensuel que chaque salarié oriente entre neuf familles d'avantages : titres-restaurant, mobilité durable, télétravail, sport, service à la personne, titre cadeau, titre vacances, titre culture et CSE externalisé.
Chez May, nous présentons donc les deux comme complémentaires : ils se cumulent sans interaction : une prime de partage de la valeur n'entame aucun des plafonds d'avantages exonérés, et réciproquement.
Questions fréquentes (FAQ)
La prime de partage de la valeur est-elle obligatoire ?
Non, son versement reste à votre entière initiative. Elle peut en revanche servir à remplir l'obligation de partage de la valeur qui pèse depuis 2025 sur les entreprises de 11 à 49 salariés durablement bénéficiaires.
Combien de fois par an puis-je la verser ?
Deux fois au maximum par année civile, en une ou plusieurs échéances trimestrielles. Le plafond annuel s'apprécie sur l'ensemble des versements.
Comment la mettre en place ?
Par accord d'entreprise ou de groupe, ou par décision unilatérale après information du comité social et économique lorsqu'il existe. La seconde voie est la plus rapide.
Puis-je en exclure certains salariés ?
Uniquement sur des critères prévus par la loi : plafond de rémunération, ancienneté, durée de présence effective, durée de travail. Tout autre critère fait sortir la prime du dispositif.
Est-elle soumise à la CSG-CRDS ?
Oui, dans tous les cas. L'exonération porte sur les cotisations de Sécurité sociale, pas sur la CSG-CRDS. Le forfait social s'ajoute au-delà de 250 salariés.
Que se passe-t-il si je dépasse le plafond ?
Seule la fraction excédentaire est soumise à cotisations et à l'impôt. Le dépassement ne remet pas en cause l'exonération sur la partie située sous le plafond, contrairement au chèque cadeau.



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