📌 À retenir
- « Attestation employeur » recouvre cinq documents différents : l'attestation de travail, le certificat de travail, l'attestation France Travail, l'attestation de salaire pour la CPAM et l'attestation destinée à la mutuelle.
- Deux seulement sont obligatoires et encadrées : le certificat de travail et l'attestation France Travail, à tenir à disposition du salarié à la fin du contrat.
- L'attestation France Travail se transmet en ligne, obligatoirement dès 11 salariés ; l'oubli est passible d'une amende de 1 500 € pour le dirigeant, 7 500 € pour la société.
- Les autres attestations ne suivent aucun formalisme : un modèle sur papier à en-tête, daté et signé, suffit, à condition de ne rien écrire que vous ne puissiez prouver.
Un salarié vous demande une attestation employeur pour son propriétaire, un autre pour sa mutuelle, un troisième pour France Travail après sa démission, et votre logiciel de paie n'en propose aucune. Le terme est le même, les documents n'ont rien à voir : certains sont obligatoires et sanctionnés, d'autres relèvent de la simple courtoisie, et un seul doit passer par une déclaration dématérialisée. Voici les cinq attestations que l'on vous demandera, ce que chacune doit contenir, et les modèles à reprendre.
Qu'est-ce qu'une attestation employeur ?
Au sens large, c'est tout document par lequel vous certifiez une situation concernant un salarié : qu'il travaille chez vous, depuis quand, pour quel salaire, ou qu'il est couvert par votre contrat de mutuelle. Le Code du travail n'emploie pas cette expression de façon générique. Il encadre deux documents précis, le certificat de travail et l'attestation d'assurance chômage, et laisse les autres à la pratique.
Le tableau ci-dessous classe les cinq demandes les plus fréquentes selon ce que la loi impose :
| Document | Quand | Obligatoire ? | Forme |
|---|---|---|---|
| Attestation de travail ou d'emploi | À la demande du salarié, pendant le contrat | Non, mais d'usage | Libre, papier à en-tête |
| Certificat de travail | À la fin du contrat | Oui, L. 1234-19 du Code du travail | Libre, mentions imposées |
| Attestation France Travail | À la fin du contrat | Oui, R. 1234-9 du Code du travail | Formulaire officiel, en ligne dès 11 salariés |
| Attestation de salaire pour la CPAM | À chaque arrêt de travail indemnisé | Oui, pour que le salarié touche ses indemnités | Cerfa 11135 ou signalement DSN |
| Attestation pour la mutuelle | Dispense d'adhésion, couverture du conjoint | Oui si une dispense est demandée | Libre ou fournie par l'assureur |
La distinction compte pour votre responsabilité : un certificat de travail en retard ou une attestation France Travail inexacte peuvent vous valoir une amende et des dommages-intérêts, alors qu'une attestation d'emploi refusée n'expose à rien, sauf à une relation dégradée avec le salarié.
Quelles mentions pour une attestation de travail ?
C'est la demande la plus courante : pour un bailleur, une banque, une préfecture ou une crèche, le salarié a besoin d'un document qui prouve qu'il est en poste. Aucun texte ne vous y oblige, mais le refuser sans motif serait difficile à justifier, et l'usage est de la délivrer sous quelques jours.
Le document tient en quelques lignes. Il doit se limiter à des faits vérifiables, et rien de plus :
- L'identité de l'entreprise : raison sociale, adresse, SIRET, et le nom et la fonction du signataire.
- L'identité du salarié : nom, prénom, date de naissance si le destinataire la demande.
- La nature du contrat (CDI, CDD avec sa date de fin), la date d'entrée et le poste occupé.
- Le salaire brut, mensuel ou annuel, uniquement si le salarié le demande expressément.
- La mention « pour servir et valoir ce que de droit », la date, le lieu et la signature.
Un modèle d'attestation d'emploi pour un bailleur peut se rédiger ainsi : « Je soussigné(e) [nom, fonction], agissant pour le compte de la société [raison sociale, SIRET], atteste que [nom du salarié], né(e) le [date], est employé(e) au sein de notre entreprise depuis le [date d'entrée] en contrat à durée indéterminée, en qualité de [poste]. »
La suite du modèle, si le salaire est demandé : « Sa rémunération brute mensuelle s'élève à [montant] €. Cette attestation est délivrée à la demande de l'intéressé(e) pour servir et valoir ce que de droit. Fait à [lieu], le [date]. »
⚠️ Attention : n'écrivez jamais qu'un salarié n'est « pas en période d'essai » ou que son contrat « n'est pas menacé » pour faciliter une location. Ces mentions ne reposent sur aucun fait certain, et un bailleur qui subit des impayés pourrait rechercher votre responsabilité pour attestation de complaisance. Datez, signez, et tenez-vous aux éléments du contrat.
Comment établir le certificat de travail et l'attestation France Travail ?
Ces deux documents sont dus à la fin de tout contrat, quelle qu'en soit la cause : démission, licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD, départ à la retraite ou fin de période d'essai. Ils sont « quérables » : vous n'avez pas à les envoyer, mais vous devez les tenir à disposition du salarié dans l'entreprise dès la fin du préavis, même non effectué. Les documents de fin de contrat sont listés par Service-Public.
Le certificat de travail
Prévu à l'article L. 1234-19 du Code du travail, il mentionne la date d'entrée et la date de sortie du salarié, la nature de l'emploi ou des emplois successivement occupés avec les périodes correspondantes, et le maintien gratuit de la couverture santé et prévoyance pendant la période de portabilité. Il ne comporte aucune appréciation sur le salarié ni sur le motif de la rupture. Un certificat qui porterait la mention « licencié pour faute » serait fautif, même si le motif est exact.
L'attestation France Travail
Anciennement attestation Pôle emploi, elle permet au salarié de faire valoir ses droits à l'allocation chômage. Vous la complétez et la transmettez à France Travail, puis vous en remettez un exemplaire au salarié. Depuis la généralisation de la déclaration sociale nominative, la transmission se fait en ligne, par le signalement de fin de contrat en DSN ou par les services en ligne de France Travail.
La transmission en ligne est obligatoire pour les entreprises d'au moins 11 salariés. En dessous, le dépôt en ligne reste possible et recommandé, et le formulaire ne se télécharge plus librement.
Le motif de rupture indiqué conditionne l'indemnisation du salarié. En cas d'erreur, il peut vous demander une attestation rectificative, et France Travail la réclame souvent elle-même. Les règles et sanctions sont détaillées par Service-Public, et la procédure vaut aussi pour une fin de période d'essai, souvent oubliée parce qu'elle paraît moins formelle.
| Manquement | Sanction |
|---|---|
| Attestation France Travail non remise ou tardive | Amende jusqu'à 1 500 € (3 000 € en récidive) pour la personne physique, 7 500 € pour la personne morale, plus dommages-intérêts si le salarié prouve un retard d'indemnisation |
| Certificat de travail non remis | Contravention et dommages-intérêts devant le conseil de prud'hommes |
| Mention inexacte du motif de rupture | Attestation rectificative exigée, responsabilité engagée en cas de préjudice |
Quand remplir l'attestation de salaire pour la CPAM ?
À chaque arrêt de travail, maladie, maternité, paternité, accident du travail, la caisse d'assurance maladie a besoin de connaître les salaires de référence pour calculer les indemnités journalières. C'est l'objet de l'attestation de salaire, formulaire Cerfa 11135, que vous transmettez aujourd'hui le plus souvent par un signalement d'arrêt de travail dans la DSN, ou en ligne sur net-entreprises. Le montant à compléter dépend ensuite du maintien de salaire dû au salarié, légal ou conventionnel.
Trois informations décident du montant que touchera le salarié et du moment où il le touchera :
- Les salaires bruts des trois derniers mois précédant l'arrêt, qui servent de base aux indemnités journalières.
- La date du dernier jour travaillé et la reprise éventuelle, qui fixent le délai de carence.
- La subrogation : si vous maintenez le salaire, vous cochez la case correspondante et la CPAM vous verse directement les indemnités à la place du salarié.
Un retard de transmission retarde le versement des indemnités, et donc, en cas de subrogation, votre propre remboursement. Le cas du salarié qui enchaîne les arrêts est traité dans la fiche sur le chèque cadeau du salarié absent, qui rappelle que l'absence ne suspend pas tous les avantages.
Pourquoi la mutuelle demande-t-elle une attestation employeur ?
La complémentaire santé d'entreprise est obligatoire, et c'est précisément pour cela qu'il existe des dispenses. Un salarié déjà couvert par le contrat collectif de son conjoint, un titulaire d'un CDD de moins de trois mois, un salarié à temps partiel de 15 heures ou moins par semaine ou un bénéficiaire de la complémentaire santé solidaire peut refuser d'adhérer à votre contrat. Il doit alors vous remettre un justificatif, et c'est là que l'attestation employeur intervient dans les deux sens.
Dans le premier sens, votre salarié vous demande une attestation prouvant qu'il est couvert à titre obligatoire par votre contrat, pour que son conjoint obtienne une dispense dans sa propre entreprise. Dans le second, un nouveau salarié vous apporte l'attestation de l'employeur de son conjoint pour être dispensé chez vous.
Le document mentionne le nom de l'organisme assureur, le caractère obligatoire et collectif du contrat, et la couverture des ayants droit. La plupart des assureurs fournissent ce modèle. Les cas de dispense sont listés par Service-Public dans la fiche consacrée à la complémentaire santé obligatoire.
💡 Bon à savoir : conservez les justificatifs de dispense dans le dossier du salarié et faites-les renouveler chaque année pour les salariés à employeurs multiples. En cas de contrôle URSSAF, l'absence de justificatif fait perdre le caractère collectif et obligatoire du contrat, et donc l'exonération de cotisations sur votre contribution, pour l'ensemble des salariés. Une dispense mal documentée coûte bien plus que la cotisation du salarié concerné.
Comment organiser la délivrance des attestations ?
Les demandes arrivent par courriel, par oral, souvent dans l'urgence, et chacune mobilise un signataire. Trois mesures suffisent à les absorber sans friction.
- Préparer trois modèles sur papier à en-tête : attestation d'emploi simple, attestation d'emploi avec salaire, attestation de couverture santé. Un champ pour le destinataire évite les documents « à qui de droit » que certains organismes refusent.
- Fixer un délai de réponse, par exemple cinq jours ouvrés, et le communiquer dans le livret d'accueil. Le salarié sait à quoi s'attendre et le service RH n'est plus interrompu.
- Automatiser la fin de contrat dans le logiciel de paie : certificat de travail, solde de tout compte et signalement DSN se génèrent à partir de la date de sortie. C'est aussi le moment de remettre l'état récapitulatif de l'épargne salariale si l'entreprise en dispose.
Cette organisation s'intègre dans la procédure de départ du salarié, où les attestations ne sont qu'une étape parmi la restitution du matériel, la portabilité de la mutuelle et le solde des avantages.
Des attestations aux avantages : ce que le salarié retient
Chez May, nous constatons que les demandes d'attestation disent beaucoup des besoins réels des salariés : un logement à louer, un crédit à obtenir, une place en crèche, une mutuelle à arbitrer. Ce sont des moments de vie où l'entreprise est sollicitée comme garant, et où elle pourrait aussi être un soutien.
La cagnotte May répond à ce second rôle. Neuf familles d'avantages exonérés y sont centralisées dans une seule application, repas, transport, culture, vacances, garde d'enfants ou services à la personne, et chaque salarié affecte sa cagnotte selon ses besoins du moment. Il paie avec sa propre carte bancaire et se voit rembourser automatiquement, sans justificatif à vous demander.
Nous réalisons un audit personnalisé à partir de vos effectifs réels pour chiffrer ce que ces avantages représentent par rapport à une augmentation chargée. Les attestations resteront une formalité ; l'avantage, lui, se voit chaque mois.
Questions fréquentes (FAQ)
L'employeur est-il obligé de délivrer une attestation de travail ?
Aucun texte ne l'impose pendant le contrat, à la différence du certificat de travail dû à la fin du contrat. En pratique, le refus doit rester exceptionnel et motivé, car le salarié en a besoin pour des démarches courantes. Le document se limite aux faits du contrat : poste, date d'entrée, nature du contrat, salaire si demandé.
Où trouver un modèle d'attestation employeur ?
Pour l'attestation d'emploi, le modèle proposé plus haut suffit, sur papier à en-tête, daté et signé. Pour l'attestation France Travail, il n'existe pas de modèle à télécharger : le document se génère en ligne, via la DSN ou les services employeurs de France Travail. Pour la CPAM, le Cerfa 11135 est disponible sur ameli.
Dans quel délai l'attestation France Travail doit-elle être remise ?
Elle doit être tenue à la disposition du salarié dès la fin du contrat, c'est-à-dire à la fin du préavis, même s'il n'est pas effectué. En cas de dispense de préavis, vous pouvez la remettre dès le départ effectif, si la dernière paie est établie.
Peut-on refuser d'indiquer le salaire sur une attestation ?
Le salaire ne figure sur l'attestation d'emploi que si le salarié le demande. Il ne peut pas être communiqué à un tiers sans son accord. Les bulletins de paie restent de toute façon le justificatif de référence pour un bailleur ou une banque.
Que faire si l'attestation France Travail comporte une erreur ?
Établir une attestation rectificative, par le même canal, et en remettre un exemplaire au salarié. Une erreur sur le motif de rupture ou sur les salaires peut retarder ou minorer son indemnisation, et engager votre responsabilité si le préjudice est prouvé.
L'attestation pour la mutuelle est-elle obligatoire ?
Elle devient nécessaire dès qu'un salarié demande une dispense d'adhésion fondée sur la couverture d'un autre contrat collectif. Sans justificatif, la dispense n'est pas valable et le caractère obligatoire du contrat, qui conditionne l'exonération de votre contribution, peut être remis en cause.







