📌 À retenir
- Chaque salarié embauché passe une visite d'information et de prévention dans les 3 mois, renouvelée tous les 5 ans au plus ; les postes à risques relèvent d'un suivi renforcé avec examen d'aptitude avant l'embauche.
- La visite de reprise est obligatoire après 30 jours d'arrêt pour accident du travail, 60 jours pour maladie, et après tout congé maternité ou maladie professionnelle.
- Depuis le 15 juin 2026, une visite de préreprise récente peut dispenser de la visite de reprise (décret 2026-503).
- Une visite de mi-carrière est due l'année des 45 ans du salarié.
La médecine du travail est l'obligation que les PME connaissent le moins bien, parce qu'elle est confiée à un service extérieur et qu'elle ne produit aucun document de paie. Pourtant, c'est vous qui êtes responsable de l'organisation de chaque visite, et c'est contre vous que le manquement se retourne, en cas d'accident comme en cas de licenciement.
Voici le calendrier complet des visites, ce que chacune exige de vous, ce qui a changé en juin 2026 pour la reprise après arrêt, et ce que coûte un suivi médical bien tenu.
Quelles sont les visites médicales obligatoires au travail ?
Le suivi individuel de l'état de santé est organisé par le service de prévention et de santé au travail (SPST) auquel vous adhérez. Il comprend cinq visites, selon le moment de la carrière et le niveau de risque du poste.
| Visite | Quand | Par qui | Périodicité |
|---|---|---|---|
| Information et prévention (VIP) | Dans les 3 mois suivant la prise de poste | Professionnel de santé du SPST | 5 ans au plus (3 ans pour travailleurs de nuit, handicapés, invalides) |
| Examen d'aptitude (suivi renforcé) | Avant l'affectation à un poste à risques | Médecin du travail | 4 ans, avec visite intermédiaire à 2 ans |
| Mi-carrière | Année civile des 45 ans, ou échéance de branche | Médecin du travail ou infirmier en pratique avancée | Une fois |
| Préreprise | Pendant un arrêt de plus de 30 jours, à la demande | Médecin du travail | Facultative |
| Reprise | Le jour de la reprise ou dans les 8 jours | Médecin du travail | À chaque arrêt concerné |
S'y ajoute la visite à la demande, que le salarié, le médecin du travail ou vous-même pouvez solliciter à tout moment, et la visite de fin de carrière pour les salariés qui ont relevé du suivi renforcé.
Qu'est-ce que la visite d'information et de prévention ?
La VIP remplace l'ancienne visite d'embauche depuis 2017. Elle doit avoir lieu dans les 3 mois suivant la prise de poste effective, avant l'affectation pour les travailleurs de nuit et les moins de 18 ans, et dans les 2 mois pour un apprenti majeur. Elle est réalisée par un professionnel de santé du service, médecin, collaborateur médecin, interne ou infirmier, qui interroge le salarié sur son état de santé, l'informe sur les risques du poste et lui rappelle son droit à une visite à sa demande.
À l'issue, une attestation de suivi est remise au salarié et à vous, avec la date de la prochaine visite. Le médecin du travail fixe la périodicité, dans la limite de 5 ans, ou 3 ans pour les travailleurs handicapés, titulaires d'une pension d'invalidité ou travailleurs de nuit. Un salarié qui a déjà passé une VIP récente pour un poste présentant les mêmes risques peut en être dispensé, sous conditions. Le détail figure sur la fiche Service-Public.
💡 Bon à savoir : la VIP se place en pratique pendant la période d'essai. Programmez-la dès la signature du contrat : les délais d'obtention d'un rendez-vous dans certains services dépassent les trois mois, et le retard vous est imputable, pas au SPST.
Quels postes relèvent du suivi individuel renforcé ?
Le suivi renforcé concerne les postes qui exposent à des risques particuliers : amiante, plomb, agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, rayonnements ionisants, milieu hyperbare, risque de chute de hauteur lors du montage d'échafaudages, ainsi que les jeunes affectés à des travaux dangereux. Les postes nécessitant une habilitation électrique ou une autorisation de conduite d'engins en relèvent aussi, sur décision de l'employeur après avis du médecin du travail et du CSE.
Pour ces postes, l'examen médical d'aptitude précède l'embauche et est réalisé par le médecin du travail lui-même. Il donne lieu à un avis d'aptitude ou d'inaptitude, et non à une simple attestation. Il est renouvelé tous les 4 ans au plus, avec une visite intermédiaire à 2 ans. C'est vous qui établissez la liste des postes concernés, que vous transmettez au service de santé et tenez à disposition de l'inspection du travail.
Comment organiser la visite de reprise après un arrêt ?
La visite de reprise vous incombe. Dès que vous connaissez la date de retour, vous saisissez le SPST pour un examen le jour de la reprise ou au plus tard dans les 8 jours. Elle est obligatoire après un congé maternité, un arrêt d'au moins 30 jours pour accident du travail, un arrêt d'au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel, et après toute maladie professionnelle quelle qu'en soit la durée.
Le décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 a modifié les règles pour les arrêts délivrés à partir du 15 juin 2026. Deux nouveautés vous concernent directement :
- la visite de reprise n'est plus requise si le salarié a bénéficié d'une visite de préreprise dans les 30 jours précédant son retour et si le médecin a indiqué qu'aucun aménagement n'était nécessaire ; vous, le salarié ou le médecin pouvez toutefois la demander ;
- le SPST doit désormais vous informer de l'organisation d'une visite de préreprise, sauf opposition du salarié.
Tant que la visite de reprise n'a pas eu lieu, le contrat reste suspendu : le salarié ne peut ni travailler ni être déclaré inapte. C'est cette visite qui ouvre, le cas échéant, la procédure de licenciement pour inaptitude ou, à l'inverse, l'aménagement du poste.
Le mi-temps thérapeutique est l'autre issue fréquente d'une visite de reprise. Le résumé officiel du décret est publié sur entreprendre.service-public.gouv.fr.
⚠️ Attention : la visite de préreprise ne peut pas être demandée par l'employeur. Elle relève du salarié, du médecin traitant, du médecin conseil ou du médecin du travail. Vous pouvez en revanche informer le salarié de son existence, par écrit, dès que l'arrêt dépasse 30 jours.
Combien coûte le suivi médical et que risque l'employeur ?
Le coût principal est la cotisation annuelle au service de santé au travail, calculée par salarié selon un barème propre à chaque service, plus élevée pour les postes en suivi renforcé. S'y ajoutent le temps des visites, qui se déroulent pendant le temps de travail avec maintien du salaire, les frais de transport et les examens complémentaires prescrits par le médecin, tous à votre charge.
Le risque, lui, est double. Sur le plan pénal, le défaut d'organisation des visites constitue une contravention. Sur le plan civil, un salarié victime d'un accident ou déclaré inapte sans suivi régulier invoque le manquement à l'obligation de sécurité, et un licenciement prononcé sans visite de reprise est privé de cause réelle et sérieuse. Un salarié dont l'état se dégrade jusqu'à l'invalidité sans que le poste ait été aménagé place l'entreprise en position difficile devant le juge.
Ce que nous observons chez May
Le suivi médical est invisible tant que tout va bien. Chez May, nous constatons que les dirigeants qui le tiennent à jour sont aussi ceux qui mesurent le lien entre santé et fidélisation : un salarié qui a vu son poste aménagé après une visite reste. La prévention se joue aussi en dehors du cabinet médical, dans ce que l'entreprise rend accessible au quotidien.
C'est le rôle que joue la cagnotte May pour le sport et les services à la personne, deux des neuf familles d'avantages exonérés que nous réunissons dans une seule application, avec les plafonds URSSAF appliqués automatiquement. Un abonnement en salle remboursé ou une aide à domicile financée pendant une convalescence pèsent sur l'absentéisme bien plus que leur coût.
Questions fréquentes (FAQ)
La visite médicale d'embauche est-elle encore obligatoire ?
Oui, sous la forme de la visite d'information et de prévention, dans les 3 mois suivant la prise de poste, ou avant l'affectation pour les postes à risques, les travailleurs de nuit et les mineurs.
Tous les combien un salarié doit-il passer une visite médicale ?
Au plus tous les 5 ans pour un poste sans risque particulier, 3 ans pour les travailleurs de nuit, handicapés ou invalides, 4 ans avec une visite intermédiaire à 2 ans pour les postes en suivi renforcé. Le médecin du travail peut fixer un délai plus court.
La visite a-t-elle lieu sur le temps de travail ?
Oui. Elle est rémunérée comme du temps de travail, y compris le trajet, et les frais de déplacement sont à la charge de l'employeur. Si elle a lieu en dehors des horaires, le temps est payé comme du travail effectif.
Que faire si le salarié refuse de se rendre à la visite ?
Le refus réitéré d'un salarié de se présenter à une visite obligatoire constitue une faute, que vous pouvez sanctionner, à condition d'avoir convoqué par écrit et rappelé le caractère obligatoire.
Un intérimaire est-il suivi par mon service de santé ?
Non, par celui de l'entreprise de travail temporaire. En revanche, pour un poste en suivi renforcé chez vous, l'examen d'aptitude peut être réalisé par votre médecin du travail, selon l'accord passé avec l'agence.
La visite de mi-carrière est-elle obligatoire pour tous ?
Oui, pour tout salarié, en CDI, CDD ou intérim, l'année civile de ses 45 ans ou à l'échéance fixée par la branche. Elle peut être anticipée de deux ans et couplée à une autre visite.







