📌 À retenir
- Depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, chaque parent peut prendre un congé supplémentaire de naissance d'un ou deux mois, après le congé de maternité, de paternité ou d'adoption.
- Il est indemnisé par la Sécurité sociale à 70 % du salaire le premier mois et 60 % le second, dans la limite du plafond mensuel de 4 005 €.
- Le salarié vous prévient un mois à l'avance, 15 jours si le congé suit immédiatement le congé de paternité ; vous ne pouvez pas refuser.
- Vous transmettez les périodes à la CPAM et, depuis le 1ᵉʳ octobre 2026, un signalement DSN dans les 5 jours du début du congé.
La naissance d'un enfant déclenche désormais trois congés successifs pour le second parent : 3 jours de congé de naissance payés par vous, 25 jours de congé de paternité indemnisés par la Sécurité sociale, et, depuis juillet 2026, un congé supplémentaire de naissance d'un à deux mois. Pour la mère, le congé supplémentaire s'ajoute au congé de maternité. C'est le plus grand changement du droit des congés familiaux depuis 2021, et il concerne toutes vos embauches en âge d'avoir des enfants.
Voici le détail des trois congés, qui paie quoi, les démarches qui vous incombent, et comment organiser l'absence d'un salarié pendant un trimestre.
Quels sont les trois congés liés à une naissance ?
Les trois congés se suivent, chacun avec son régime. Le tableau ci-dessous résume la situation d'un père ou d'un second parent salarié en 2026 ; pour la mère, le congé de maternité de 16 semaines remplace les deux premières lignes.
| Congé | Durée | Qui paie | Quand |
|---|---|---|---|
| Congé de naissance | 3 jours ouvrables | Employeur, salaire maintenu | Jour de la naissance ou premier jour ouvrable suivant |
| Congé de paternité et d'accueil | 25 jours calendaires (32 en cas de naissances multiples), dont 4 obligatoires | Sécurité sociale, indemnités journalières plafonnées à 104,02 € par jour | 4 jours immédiatement après le congé de naissance, le reste dans les 6 mois |
| Congé supplémentaire de naissance | 1 ou 2 mois, fractionnable en deux périodes d'un mois | Sécurité sociale, 70 % puis 60 % du salaire | Dans les 9 mois suivant la naissance, après épuisement du congé précédent |
Les 3 jours de congé de naissance relèvent des congés pour événements familiaux, dont le tableau complet figure parmi les congés pour événements familiaux. Les deux autres sont des congés indemnisés par la Sécurité sociale, pendant lesquels le contrat est suspendu.
Qu'est-ce que le congé supplémentaire de naissance ?
Créé par l'article 99 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et précisé par les décrets du 30 mai 2026, le congé supplémentaire de naissance est ouvert à chaque parent, pour chaque naissance ou adoption, sans condition d'ancienneté. Il concerne les enfants nés ou adoptés à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, et peut être pris depuis le 1ᵉʳ juillet 2026.
Quatre règles structurent le dispositif :
- le salarié doit avoir pris intégralement son congé de maternité, de paternité ou d'adoption avant de le demander ;
- la durée est d'un ou deux mois, au choix du salarié, le congé de deux mois pouvant être fractionné en deux périodes d'un mois ;
- il débute dans les 9 mois suivant la naissance, délai décompté à partir du 1ᵉʳ juillet 2026 pour les enfants nés au premier semestre ;
- les deux parents peuvent le prendre simultanément ou en alternance.
Le délai de prévenance est d'un mois, ramené à 15 jours lorsque le congé suit immédiatement le congé de paternité ou d'adoption. La demande précise la date de début, la durée et l'éventuel fractionnement, par lettre recommandée ou remise contre récépissé. Le détail employeur est publié sur ameli.fr.
⚠️ Attention : le congé supplémentaire de naissance est un droit, pas une faveur. Comme pour le congé de paternité, vous ne pouvez ni le refuser ni en imposer les dates. Vous pouvez en revanche anticiper : un salarié qui annonce une naissance en janvier sera absent, au total, jusqu'à trois mois dans l'année.
Combien le salarié perçoit-il pendant ces congés ?
Pendant le congé de paternité, la CPAM verse une indemnité journalière calculée sur le salaire des trois derniers mois, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit au plus 104,02 € par jour en 2026. Pendant le congé supplémentaire, l'indemnité est dégressive : 70 % du salaire le premier mois, 60 % le second, toujours dans la limite de 4 005 € de salaire mensuel pris en compte.
Le taux s'applique au salaire net. Exemple pour un salarié à 3 000 € brut, soit environ 2 340 € net : il perçoit près de 1 640 € le premier mois et 1 400 € le second. Pour un salarié à 5 000 € brut, le salaire pris en compte est plafonné à 4 005 € brut, soit environ 2 190 € puis 1 870 €. L'employeur ne doit rien, sauf disposition conventionnelle plus favorable. De nombreuses conventions prévoient un maintien de salaire pendant le congé de paternité ; peu ont encore statué sur le congé supplémentaire.
Vous pouvez choisir la subrogation : vous maintenez tout ou partie du salaire et percevez les indemnités à la place du salarié. C'est le même mécanisme que pour un arrêt maladie, décrit avec le maintien de salaire, et il simplifie la vie du salarié qui ne subit aucun décalage de trésorerie.
Quelles démarches l'employeur doit-il accomplir ?
Pour le congé de paternité, vous établissez une attestation de salaire, comme pour un arrêt de travail, qui permet à la CPAM de calculer les indemnités. Depuis 2026, la procédure du congé supplémentaire est spécifique :
- vous remplissez le formulaire de transmission des périodes de congé supplémentaire, disponible sur net-entreprises, et le déposez sur votre compte entreprise avec les justificatifs ;
- depuis le 1ᵉʳ octobre 2026, vous effectuez un signalement DSN le même jour, le tout dans les 5 jours suivant le début du congé ;
- vous informez le salarié une fois la démarche réalisée ; il n'a aucune formalité à accomplir auprès de la CPAM.
En cas de fractionnement, une démarche par période. En cas de reprise anticipée, après un décès de l'enfant ou une baisse importante des ressources du foyer, le salarié vous prévient 8 jours avant et vous signalez la reprise en DSN. À partir du 1ᵉʳ novembre 2026, un générateur de formulaire simplifié est annoncé sur ameli.fr. Les textes sont réunis dans le décret n° 2026-419 du 30 mai 2026.
💡 Bon à savoir : pendant le congé de paternité comme pendant le congé supplémentaire, le contrat est suspendu, mais le salarié conserve sa mutuelle, sa prévoyance et son ancienneté. Le congé de paternité est en outre assorti d'une protection contre le licenciement pendant les 10 semaines qui suivent la naissance, sauf faute grave ou motif étranger à l'arrivée de l'enfant.
Comment organiser l'absence et en faire un atout ?
Trois mois d'absence possible par parent changent l'organisation d'une petite équipe. La bonne pratique est d'anticiper dès l'annonce de la grossesse : calendrier prévisionnel des trois congés, répartition des tâches, recours éventuel à un CDD de remplacement, dont le motif est explicitement prévu.
Côté attractivité, le congé de naissance est devenu un critère de choix pour les candidats de 25 à 40 ans. Trois leviers vous distinguent, à coût connu : le maintien du salaire à 100 % pendant le congé de paternité, dont le coût net est la différence avec les indemnités journalières ; le maintien partiel pendant le congé supplémentaire ; et un cadeau de naissance exonéré, qui fait partie des événements reconnus par l'URSSAF pour un plafond du chèque cadeau fixé à 200 € par enfant en 2026.
Ce que nous faisons chez May
Chez May, la naissance est l'un des moments où nos clients utilisent le plus la cagnotte exceptionnelle : les RH ajoutent une enveloppe en cours de mois, et le salarié l'affecte lui-même entre le cadeau de naissance, les services à la personne, garde d'enfant ou aide à domicile, et les autres avantages des neuf familles que nous réunissons, avec les plafonds URSSAF appliqués automatiquement.
Un jeune parent absent trois mois, indemnisé à 70 % puis 60 %, mesure précisément la valeur d'un avantage maintenu pendant son congé. Pour vous, c'est un geste exonéré, sans gestion de factures, qui dit quelque chose de l'entreprise au moment où le salarié décide s'il y restera.
Questions fréquentes (FAQ)
Le congé de paternité est-il toujours de 25 jours en 2026 ?
Oui. 25 jours calendaires, 32 en cas de naissances multiples, dont 4 jours obligatoires pris immédiatement après les 3 jours de congé de naissance. Le congé supplémentaire de naissance s'y ajoute, il ne le remplace pas.
Le congé supplémentaire de naissance est-il payé par l'employeur ?
Non. Il est indemnisé par la Sécurité sociale à 70 % puis 60 % du salaire, dans la limite du plafond mensuel. L'employeur peut compléter, par subrogation ou par maintien conventionnel, mais n'y est pas tenu.
Un salarié en CDD ou en période d'essai y a-t-il droit ?
Oui, sans condition d'ancienneté, dès lors qu'il remplit les conditions d'ouverture des droits aux indemnités journalières. Le congé prend fin au terme du contrat s'il arrive avant.
Les deux parents peuvent-ils prendre le congé supplémentaire en même temps ?
Oui, simultanément ou en alternance, chacun pour un ou deux mois, dans les 9 mois suivant la naissance.
Le congé supplémentaire compte-t-il pour les congés payés ?
Les décrets d'application précisent les modalités de prise et d'indemnisation ; l'assimilation à du temps de travail effectif pour les congés payés suit le régime applicable aux congés de maternité et de paternité. Vérifiez votre convention collective, qui peut être plus favorable.
Que se passe-t-il pour un enfant né en mars 2026 ?
Les parents sont éligibles. Le délai de 9 mois court à partir du 1ᵉʳ juillet 2026 : le congé doit débuter au plus tard le 31 mars 2027.







