Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) et Code du travail : le guide complet

Obligation légale stricte et opportunité stratégique : les règles de la NAO, article par article du Code du travail, pour sécuriser votre procédure et en faire un levier d'engagement.

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Anne-Gabrielle Compagnon

September 11, 2026
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Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) et Code du travail : le guide complet

📌 À retenir

  • L'obligation de NAO dépend de la présence d'un délégué syndical, pas seulement d'un seuil d'effectif : elle s'applique dès 11 salariés si un DS est désigné.
  • C'est une obligation de moyens, pas de résultat : l'employeur doit engager loyalement les discussions, mais aucun accord n'est imposé. En cas de blocage, un PV de désaccord formalise la rupture.
  • Un nouveau bloc « salariés expérimentés » est obligatoire depuis octobre 2025, sous peine de malus sur les cotisations.
  • Les sanctions sont lourdes : délit d'entrave (1 an d'emprisonnement et 3 750 € d'amende), pénalité jusqu'à 1 % de la masse salariale, suppression des allègements de cotisations.
  • Diversifier la rémunération débloque souvent les négociations : PPV, abondement PEE et avantages sociaux flexibles augmentent le net perçu sans alourdir les charges patronales.

La négociation annuelle obligatoire (NAO) est un pilier du dialogue social en France. Pour les employeurs, DRH et représentants du personnel, elle représente à la fois une obligation légale stricte et une opportunité stratégique de fidéliser les équipes. Ce guide détaille, article par article du Code du travail, les règles à connaître en 2026 pour sécuriser votre procédure et transformer ces réunions en leviers d'engagement.

Qu'est-ce que la Négociation Annuelle Obligatoire (NAO) ?

La NAO désigne l'ensemble des négociations que l'employeur doit engager chaque année (ou selon une périodicité négociée) avec les organisations syndicales représentatives dans l'entreprise. Elle est encadrée par les articles L. 2242-1 et suivants du Code du travail.

Son objectif : garantir un dialogue structuré sur les conditions de travail, la rémunération et l'égalité professionnelle. Depuis les ordonnances Macron du 22 septembre 2017, le dispositif a été profondément rénové. La loi a ouvert la voie à une plus grande flexibilité : l'entreprise peut désormais négocier la périodicité, les thèmes et les modalités de la NAO via un accord de méthode, dans la limite de 4 ans.

La NAO est une obligation de moyens, pas de résultat. L'employeur doit engager loyalement les discussions, mais un accord n'est pas impératif. En cas de blocage, un PV de désaccord formalise la rupture des échanges.

Quelles sont les entreprises concernées par la NAO ?

L'obligation de négocier ne dépend pas uniquement d'un seuil d'effectif, mais de la présence d'au moins un délégué syndical (DS) dans l'entreprise.

  • Entreprises de 11 à 49 salariés : l'obligation de NAO s'applique dès qu'un délégué syndical est désigné (cas possible lorsqu'un élu du CSE est mandaté).
  • Entreprises de 50 salariés et plus : la désignation d'un DS est la règle en présence de syndicats représentatifs, déclenchant automatiquement l'obligation de NAO.
  • Entreprises de 300 salariés et plus : un bloc supplémentaire sur la gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) s'ajoute obligatoirement.

En l'absence totale de délégué syndical, l'employeur n'est pas tenu d'organiser de NAO au sens strict, mais reste soumis à d'autres obligations de consultation du CSE.

Les thèmes obligatoires de négociation selon le Code du travail

Le Code du travail structure la NAO autour de blocs thématiques définis par les articles L. 2242-13 et suivants. Depuis octobre 2025, un nouveau bloc s'ajoute à cette architecture.

Bloc 1 : Rémunération, temps de travail et partage de la valeur ajoutée

Ce premier bloc, négocié chaque année par défaut, couvre :

  • Les salaires effectifs (et non les minima conventionnels).
  • La durée et l'organisation du temps de travail (temps partiel, heures supplémentaires).
  • L'intéressement, la participation et l'épargne salariale.
  • Le suivi de la mise en œuvre du partage de la valeur ajoutée.

C'est sur ce bloc que les tensions sont les plus vives. Les attentes des salariés sur le pouvoir d'achat se heurtent souvent aux contraintes budgétaires de l'entreprise. Diversifier la rémunération devient alors une stratégie gagnante : primes, plan d'épargne, avantages sociaux flexibles permettent d'augmenter le revenu net perçu sans alourdir les charges patronales. La mise en place ou l'abondement d'un Plan d'Épargne Entreprise (PEE) est particulièrement pertinente dans ce contexte.

Bloc 2 : Égalité professionnelle et qualité de vie et conditions de travail (QVCT)

Ce bloc couvre l'égalité femmes-hommes, la lutte contre les discriminations, l'insertion des travailleurs handicapés, l'articulation vie professionnelle / vie personnelle, le droit à la déconnexion et la prévention des risques psychosociaux.

À défaut d'accord, l'employeur doit établir un plan d'action unilatéral. Le non-respect expose l'entreprise à une pénalité financière pouvant atteindre 1 % de la masse salariale (article L. 2242-8).

Bloc 3 : Gestion des emplois et des parcours professionnels (GEPP) — dès 300 salariés

Obligatoire tous les 3 ans (sauf accord contraire), ce bloc traite de la GEPP, des orientations de la formation professionnelle, des perspectives de recours aux différents contrats de travail et des conditions de mobilité interne.

Nouveauté 2026 : l'emploi et les conditions de travail des salariés expérimentés

Issue de l'ANI du 14 novembre 2024 et transposée dans le Code du travail, la négociation sur les salariés expérimentés (seniors) est devenue obligatoire à compter d'octobre 2025. Elle porte sur :

  • Le recrutement et le maintien dans l'emploi des salariés de 45 ans et plus.
  • L'aménagement des fins de carrière et la transmission des compétences.
  • L'adaptation des postes et la prévention de l'usure professionnelle.

Les entreprises non couvertes par un accord s'exposent à un risque de malus sur leurs cotisations, renforçant l'impératif de négocier sérieusement ce nouveau thème.

Périodicité : faut-il vraiment négocier tous les ans ?

La règle d'ordre public impose qu'une négociation ait lieu au moins une fois tous les 4 ans sur chacun des blocs. Mais les dispositions supplétives, applicables à défaut d'accord, fixent une périodicité annuelle pour les blocs 1 et 2, et triennale pour le bloc 3.

Un accord de méthode (article L. 2242-11) peut modifier cette cadence. Il permet notamment de :

  • Espacer la négociation sur le temps de travail à 3 ou 4 ans.
  • Regrouper certains thèmes.
  • Fixer un calendrier pluriannuel structuré.

Cet accord est précieux pour alléger la charge administrative, à condition de préserver la qualité du dialogue social.

La procédure de NAO étape par étape

1. Initiative de l'employeur et invitation des syndicats

L'initiative revient à l'employeur. S'il tarde, un syndicat représentatif peut le mettre en demeure. Dans ce cas :

  • L'employeur doit convoquer les parties dans les 15 jours suivant la demande.
  • Les autres organisations syndicales représentatives doivent être informées sous 8 jours.

La convocation doit préciser le lieu, le calendrier et les thèmes abordés.

2. La réunion préparatoire et l'obligation d'information

Lors de la première réunion, l'employeur partage les informations nécessaires à une négociation éclairée. Voici la checklist des documents à fournir :

  • Rapport de situation comparée femmes/hommes et index égalité.
  • Bilan social de l'année écoulée.
  • Évolution des salaires effectifs par catégorie et par sexe.
  • État de la masse salariale et prévisions budgétaires.
  • Données sur le temps de travail, les heures supplémentaires, l'absentéisme.
  • Bilan des accords précédents (intéressement, participation, PEE).
  • Données sur l'emploi des seniors et les départs prévisionnels.

3. Le déroulement des négociations et l'obligation de loyauté

Pendant toute la durée de la négociation, l'employeur est tenu à une obligation de loyauté. Il ne peut pas prendre de décisions unilatérales sur les sujets en discussion, sauf en cas d'urgence avérée. Les réunions doivent être suffisamment nombreuses et espacées pour permettre des allers-retours constructifs.

L'issue de la NAO : accord d'entreprise ou PV de désaccord

Cas n°1 : signature d'un accord collectif

L'accord doit être signé par des organisations syndicales représentant au moins 50 % des suffrages exprimés aux dernières élections professionnelles. Il est ensuite déposé :

  • Sur la plateforme nationale TéléAccords gérée par la DREETS.
  • Au greffe du conseil de prud'hommes du lieu de conclusion.

Depuis la réforme, la publication dans la base de données nationale est également obligatoire (sauf clauses occultées d'un commun accord).

Cas n°2 : échec des négociations et PV de désaccord

Si aucun accord n'est trouvé, l'employeur établit un procès-verbal de désaccord. Ce document consigne :

  • Les propositions respectives de chaque partie dans leur dernier état.
  • Les mesures que l'employeur entend appliquer unilatéralement.

Le PV doit également être déposé sur TéléAccords. L'employeur peut alors mettre en œuvre ses décisions unilatérales, ce qui est souvent perçu négativement par les équipes : raison de plus pour construire des propositions attractives en amont.

Absence de NAO : quelles sanctions prévoit le Code du travail ?

Le non-respect de l'obligation de négocier expose l'employeur à plusieurs niveaux de sanctions :

  • Délit d'entrave (article L. 2243-1 et L. 2243-2) : jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 3 750 € d'amende pour le dirigeant.
  • Pénalité financière en cas d'absence d'accord ou de plan d'action sur l'égalité professionnelle : jusqu'à 1 % de la masse salariale.
  • Suppression des allègements de cotisations (réduction Fillon) si aucune NAO sur les salaires effectifs n'est engagée.
  • Malus senior en cas de carence sur le nouveau bloc "salariés expérimentés".

Au-delà des sanctions, l'absence de NAO détériore durablement le climat social et fragilise la marque employeur.

Réussir ses NAO sur la rémunération : l'atout des avantages sociaux

La NAO sur la rémunération est souvent la plus sensible. Les syndicats réclament des augmentations générales ; les directions financières doivent préserver la compétitivité et contenir les charges. Comment sortir de l'impasse ?

La réponse tient en un mot : diversifier la rémunération. Plutôt que de se concentrer exclusivement sur le salaire brut, les employeurs peuvent mobiliser des leviers exonérés ou partiellement exonérés de charges :

  • Cagnotte et avantages sociaux flexibles may.fr : titres-restaurant, mobilité, cadeaux, sport, culture, garde d'enfants… centralisés dans une carte unique.
  • Prime de partage de la valeur (PPV) : exonérée de cotisations dans certaines limites.
  • Abondement sur un Plan d'Épargne Entreprise (PEE) : avantage fiscal et social très puissant.
  • Chèques-vacances, CESU préfinancé.

Exemple concret : face à une demande d'augmentation générale de 4 % difficile à absorber, proposer une revalorisation de 1,5 % couplée à un abondement sur le PEE et à une enveloppe annuelle de 600 € via l'application may permet souvent de débloquer les NAO. Le gain net pour le salarié dépasse celui d'une augmentation classique, tandis que le coût pour l'employeur reste maîtrisé grâce aux exonérations de charges.

Cette approche transforme la NAO en un rendez-vous constructif : les représentants du personnel obtiennent des avancées tangibles sur le pouvoir d'achat, et l'entreprise sécurise sa masse salariale tout en renforçant son attractivité.

En résumé, la négociation annuelle obligatoire n'est pas qu'une contrainte réglementaire. Bien préparée, bien outillée, elle devient un moment fort du dialogue social et un accélérateur d'engagement. En combinant rigueur juridique et créativité sur les avantages sociaux, les employeurs peuvent transformer chaque NAO en succès collectif. Pour explorer les solutions may dédiées au partage de la valeur et au pouvoir d'achat de vos équipes, contactez nos experts.

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